Azerbaïjan


Nous prenons une décision : Yacob continuera seul l’aventure désormais. En revanche, je décide de poursuivre jusqu’à Bakou avant de revenir en France.
Nous partons de Tbilissi en passant par la montagne en direction de l’Azerbaïjan pour atteindre Bakou où je prendrai l’avion et Yacob, un bateau pour traverser la mer Caspienne. Au total sur le parcours, nous aurons effectué 745 kms :

carteazer

Tbilissi – Telavi

Nous sommes en route en direction de Telavi, dernière « grosse » ville avant le passage de la frontière. Nous apprécions le paysage et notamment ce petit lac devant lequel nous passons :

IMG_9701

Sur la route, nous ne pouvons résister à nous arrêter devant ce stand coloré et très appétissant où sont suspendus des colliers de fruits séchés :

DSC_0536

Petit zoom sur ces feuilletés de fruits :

DSC_0537

Nous faisons nos petits courses pour le soir même et remontons en selle. pédalons à travers un paysage magnifique et apaisant.

IMG_9704

Nous avons eu chaud ce jour là, et lorsque les nuages se pointent, cela nous rafraîchit. Nous faisons une petite pause qui aura raison de nous et décidons de pousser à peine quelques km de plus pour trouver un endroit de bivouac. L’orage est de la partie. Hop nous montons la tente et passons une nuit au calme ayant pris soin d’installer la nourriture plus loin afin de ne pas attirer les éventuels ours dans la tente.

Au matin, nous plions bagages et repartons. 1,6 km de montée plus loin, aïe aïe, mon moteur s’éteint en pleine côte et ne veut pas redémarrer. Sur le bas côté de la route, Yak entreprend la diagnostique tandis que je vais chercher à pied de l’eau au hameau le plus proche. Lorsque je reviens, l’annonce est douloureuse : Une pièce est grillée : le contrôleur.  Nous sommes à 7 km du pic. Un peu sur le coup, et l’heure ayant tournée, nous trouvons un coin pour s’installer et réfléchir à comment gérer la situation et trouver une solution.

IMG_9711

Pendant que je monte la tente, Yacob se fait inviter à boire une bière par les propriétaires du champs qui font apéro à leur voiture entre amis. Je prépare à manger puis nous réfléchissons ensemble : le mieux est il que je retourne en stop à Tbilissi prendre l’avion et rentrer en France directement ? Ou va t’on commander la pièce que nous ferons envoyer à Telavi ? Après avoir pesé le pour/contre, nous décidons de commander la pièce car je ne veux pas manquer l’ Azerbaïdjan ! Telavi est à 35 km de là. Il y a 7 km de montée et le reste c’est de la descente.
Au matin, nous répartissons au mieux les charges pour alléger mon vélo. Allez je me lance.. FIiiiiou que c’est dur et lourd ! J’ai cru mourir. Le dénivelé est important. Le pédalage est trop dur, je pousse le vélo à même les bras mais je fatigue vite. J’arrive à bout de souffle sur une zone où je peux m’arrêter rependre ma respiration et quelques forces. Moi qui croyais avoir des mollets ^^  je me rends compte que non  ahah. La suite est encore pire niveau dénivelé, alors, je tends le pouce pour faire du stop !

 

 

Par chance, au bout de 10 minutes, un fourgon s’arrête et nous chargeons mon matériel dedans. Ces deux sympathiques Géorgiens m’amèneront jusqu’au pic et je ferai la descente en vélo. Yacob quant à lui, grimpera avec son vélo. Nous nous rejoignons au sommet.

 

 

A 15 km de la grosse ville, nous camperons 2 nuits dans la forêt en attendant que le colis arrive à l’adresse d’une guest house que nous avons trouvé à Telavi. Belle surprise ! Nous sommes entourées d »Ail des Ours, le péché mignon de Yacob.

Sa recette est simple : Après ramassage des feuilles, rajouter de l’huile (d’olive de préférence), les broyer, rajouter un peu de sel et … déguster ! Pour en connaître un peu plus sur cette plante, vous en trouverez facilement sur internet.

Après ces jours d’attente, nous effectuons cette quinzaine de km restante. Ahaha la descente c’est quand même plus facile et arrivons à Telavi.

Telavi – Matsimi

La guest house est conviviale. Séjournent en même temps que nous, un japonais, un danois, un espagnol, une russe et un allemand qui y est depuis plus d’un an. D’autres personnes seront également de passage. Le colis n’est pas encore arrivé, nous resterons au final 5 jours.

Aujourd’hui 26 Mai, c’est la fête nationale de l’indépendance. Pour célébrer ce jour, le propriétaire des lieux nous convie à un repas traditionnel avec ses amis. Au menu, des spécialités géorgiennes, vins locaux et fromage des montagnes fondu.

 

La soirée est animée par des chants à la guitare ainsi que de nombreux toasts à l’alcool fort dédiés à la paix, aux personnes mortes pour l’indépendance, familles et amis et autres causes qui leur tiennent à coeur.

Voici un camion à gaz croisé en ville :

 

 


Le colis tant attendu arrive enfin ! Yacob monte le contrôleur et là .. ça ne fonctionne toujours pas : cette fois ci, c’est le display qui a grillé. Nous n’avions pas eu de panne électronique jusqu’à présent et là, on les enchaîne.. à force de réparations, et de bons conseils donnés, Yacob devient un vrai spécialiste. Il rajoute au système un interrupteur pour allumer le moteur en supprimant la nécessité de l’écran de contrôle. Ingénieux ! Dorénavant, je n’aurai qu’un niveau d’assistance. Cela me sera bien utile !

Nous partons donc de chez nôtre hôte après ce bidouillage électronique. Cela fonctionne bien, l’assistance est réglée à 350 W, ce qui fait que nous progressons vite. Nous ne sommes plus très loin de la frontière azerbaïdjanaise à présent et nous posons la tente juste à côté d’un champ. En face, la montagne et la Russie. Nous n’avons jamais été aussi proche des Russes ! Avec l’arrivée des moustiques, nous allons nous réfugier dans la tente et passerons un bonne nuit.

DSC_0575
Au matin, nous avons le droit à la visite des voisins et du propriétaire des lieux. Il me demande à quelle heure nous partons, je lui réponds dans la matinée, il me dit qu’il n’y a aucun problème pour rester camper ici, que nous sommes les bienvenus. Je lui dis que nous avons de la route et que nous allons quitter la Géorgie le jour même. Il m’invite à atteindre une heure avant de décamper afin que nous pussions manger ensemble. J’accepte volontiers !!

IMG_9722

Le revoilà, une heure plus tard, accompagné de sa femme et sa fille. Il déballe de sa fourgonnette, table, chaises et tout ce qu’il faut pour un bon barbecue ! Nous ne parlons pas la même langue, et ils ne parlent pas anglais, mais nous passons un super moment.

IMG_9721

Avant de partir, je récolte ces petits fruits du Mûrier blanc qui sont omniprésents en Géorgie. Miam miam. Nous nous verrons offrir les restes du barbecue ainsi qu’une petite sauce dont Yacob rafolle à base de : ( fruit vert acide inconnue, menthe, piment)

IMG_9726

Au revoir la Géorgie. Nous garderons en mémoire tes beaux paysages où gambadent en liberté les animaux et ces moments passés avec tes habitants accueillants et chaleureux.

AZERBAÏDJAN

Nous ne savons rien de ce pays. En arrivant à la frontière, ce panneau nous interpelle :

61839991_466163147453588_2405201227861196800_o

Ahah que cela veut t’il dire ? Cela nous fait rire.

Nous passons la frontière sans embûche, ayant pris le visa à l’avance par internet. Nous obtenons le tampon sur le passeport rapidement. Ca y est, premier coups de pédales dans ce nouveau pays, accompagnée par cette forte émotion que je ressens à chaque fois que je traverse une frontière et suis en terre inconnue.

Nous décidons de camper pas très loin car bientôt nous serons dans une grosse ville. Nous trouvons un endroit merveilleux ou patûrent les vaches et chevaux en liberté.

Au coucher du soleil, un jeune (étudiant en journalisme dans la capitale Bakou qui rêve de travailler dans la press people) vient nous voir à la tente et propose de dormir chez lui et sa mère. Nous avons déjà le campement en place et je suis déjà couchée. Yacob accepte et va manger chez cette famille. Ils parleront de l’Azerbaïdjan, des coutumes ect.. au matin, nous nous retrouverons pour un petit déjeuner tous ensemble. Pleins d’énergie, nous nous mettons en chemin.

Sur la route, nous croisons un drôle d’engin ! Un vélo électrique bien artisanal comme on les aime :

Le vélo pèsent hyper lourd 42 kg avec ses batteries en plomb et le conducteur n’a même pas besoin de pédaler pour un autonomie de 15 à 30 km.  Nous échangeons à propos de nos systèmes respectifs et reprenons la route.

DSC_0578 (2)
Ils sont pas mignons ces cyclistes ??

Ce jour là nous ferons un grosse journée sportive : 80 km sous la chaleur traversant forêts, champs et petits villages. La nuit tombe et les moustiques arrivent, alors nous profitons d’être dans une zone avec des arbres pour trouver un coin pour dormir. Nous nous trouvons un coin caché de la route quand un berger nous propose de venir poser la tente dans son jardin. Nous devons attendre qu’il ait fini de promener ses bêtes. Nous patientons sagement au bord de la route, en tentant tant bien que mal de résister aux moustiques. Deux jeunes en fourgonnette s’arrêtent à notre niveau, nous offre de l’eau et des friandises. Après quelques paroles échangées, ils nous proposent de les suivre jusqu’à chez eux pour dormir là bas. Nous acceptons.
Ils ont l’air d’oublier que nous avons déjà des kilomètres dans les pattes pour aujourd’hui et que nous sommes à vélo. Nous pédalerons 10 km de plus jusqu’à un restaurant où ils nous invitent à manger : tomates et concombres, pain et soupe au mouton. On se régale.

DSC_0585

Après le repas, ils nous proposent de charger les vélos dans leur véhicule afin de nous rendre tous ensemble au lac de Mingachevir situé à une 60 taines de km plus loin. Avec Yacob, on en discute et on accepte car les journées sont chaudes et cela nous permettrai de recharger les batteries le lendemain toute la journée et aussi de prendre du repos et de l’air frais au bord de l’eau.

Hop hop hop, on charge le tout et nous voilà en route à 4 à l’avant du véhicule. J’ai les fesses entre deux sièges : celui du conducteur et celui du passager. Je ne suis pas très à l’aise car j’ai l’impression de déranger le conducteur à chaque changements de vitesse. L’autre passager commence à nous parler de boites de nuits, il veut qu’on les accompagne, nous ne sommes pas chauds. Il nous demande sans cesse si nous sommes fatigués, propose des cigarettes … etc. Il est insistant sur la fatigue … je commence à paranoyer un petit peu lorsqu’ après avoir accepté une cigarette de leur part, je commence à bailler.

Lac de Mingachevir

Le trajet était sympathique et nous sommes ravis de l’avoir fait en autostop car ce sont des gros travaux tout le long avec un paysage pas très intéressant mais il prend vite une autre tournure lorsque l’un des passagers commence à montrer des vidéos X à Yacob qui se trouve juste à côté de moi, tandis que le conducteur me fait un signe ( doigt sur les lèvres de garder le silence ) et prend ma main en la posant sur sa cuisse … hors de question ! Afin de ne pas créer une embrouille, je le rejette fermement mais ne fais pas scandale.. Il passera le reste du trajet à me tripoter  à chaque occasion de changer les vitesses … fiouuu vivement qu’on arrive ! Nous ne sommes pas en position de force avec nos vélos parqués à l’arrière du véhicule.
Ouf ca y est, nous sommes au lac  l’endroit est pourri pour dormir, c’est la zone et nous voulons nous débarrasser de ces deux jeunes. Heureusement qu’ils nous disent qu’ils veulent faire 2 ou 3 courses pour la soirée et nous disent qu’ils vont nous rejoindre dans 1 h. A peine partis, nous nous esquivons avec Yacob vers un endroit plus tranquille au bord du lac.

Nous nous aventurons autour du lac, dans les dunes. Aïe aïe, nous sommes crevés et il est difficile de trouver un endroit plat pour poser la tente. C’est toujours dans les moments comme ça que rien n’est simple ^^ La remorque de Yacob est à plat.. au final, nous trouverons un endroit plus loin au calme, dans une base de loisir qui semble abandonnée mais où quelques pécheurs sont présents et disent qu’il n’y a aucun soucis pour camper ici.

DSC_0586

L’endroit est parfait !

Réveillés par la chaleur, nous déplacerons la tente au matin sur une petite scène sur place. Lorsque les propriétaires arrivent, ils me proposent le petit déjeuner. Décidément, les Azerbaïdjanais sont aussi accueillants que les Turcs ! Nous passerons la journée au bord du Lac. Mangachevir qui a une superficie de 605 km2 avec ses 70 km de longueur et 18 km de largeur est le plus grand réservoir d’eau du Caucase.

IMG_9731IMG_9734

Nous dormirons une seconde nuit ici, en prévoyant de nous lever hyper tôt avant que le soleil afin de pouvoir pédaler au frais.

IMG_9733

Nous avons fait un bond en Azerbaïdjan, en l’espace de deux jours. Le lendemain, nous pédalerons au total 140 km jusqu’au lac de Sarisu. La journée est chaude, nous ferons des pauses régulières pour nous ombrager et nous hydrater. Il n’y a pas beaucoup d’arbre alors des que nous en voyons un, nous y faisons halte. Et nous ne sommes pas les seuls.. au pied de l’arbre, c’est le rdv des marcheurs de bords de route et nous. Toujours des moments de partage agréables.

Ces buffles nous nargueraient presque en se rafraîchissant dans les eaux… Il s’agit des Buffles du Levant, soit dits des marais. On comprend mieux pourquoi ils se baignent ainsi !  Pour plus d’informations, regardez ce lien ci dessous : https://fr.wikipedia.org/wiki/Buffle_du_Levant

IMG_9750

Ce ne sont pas les seules rencontres que nous faisons ! Des chameaux ( et oui puisqu’ils ont 2 bosses ^^ ) accompagnent un troupeau de moutons surveillés par les traditionnels cavaliers azerbaïdjanais :

DSC_0595

Il nous reste 10 km jusqu’à la réserve naturelle. Nous nous arrêtons pour manger de l’agneau dans un restaurant au bord de la route. Au final, en pleine digestion et se faisant tard, je demande si nous pouvons poser la tente ici. Le propriétaire acquiesce et me montre un endroit super pour camper. Génial ! Au lendemain matin, petite mission filtrage de l’eau du réservoir du restaurant pour prendre la route grâce à notre filtre Katadyn et c’est reparti direction le lac de Sarisu.

Le décors est plutôt aride comme vous pouvez le voir :

DSC_0596

Les opportunités de se mettre un peu à l’ombre se font désirer mais dès que j’en voie une, j’en profite :

DSC_0598

Réserve de Sarisu

Nous voilà arrivés au Lac de 65.7 km2.  La route est un petit chemin qui s’intercale entre le lac et le fleuve Koura. On ne le voit pas sur la carte mais il existe ! Et je vous conseille vivement de le faire. Ce chemin longe la réserve sur 22 km et nous croiserons qu’une poignée de véhicules. On s’y aventure.

Là c’est l’émerveillement. Je suis scotchée par la beauté des lieux de cette réserve naturelle du lac de Sarysu gölü.

IMG_9763

 

IMG_9766
Deux buffles se baignant dans la réserve de Sarysu ( Sarisu ) Azerbaidjan

Outres les vaches et buffles, nous apercevons un serpent et multitudes d’oiseaux aux couleurs pétards.

IMG_9776

Nous ferons halte sous un arbre au bord du fleuve le temps de manger et se reposer  (pour yak de tirer à l’arc de bois trouvé sur place et moi m’enliser dans la boue en tentant de me baigner ..) puis nous reprenons la route sous ce soleil d’aplomb.

Aïe, en jetant un coup d’œil à mon rétroviseur je remarque que Yacob est à l’arrêt. Que se passe t’il ? Je le rejoins au bout de quelques minutes et il me dit que son moteur ne fonctionne plus. On pense que c’est la même panne que sur le mien, quelques jours plus tôt. Malgré tous ses efforts, il ne trouve pas moyen de le réparer sur place et nous sommes fatigués. Mais comme c’est un guerrier, il décide de continuer sans moteur jusqu’à que nous trouvions un moment plus calés pour explorer les solutions possibles.

IMG_9789

La nuit commence à tomber et nous avons comme le pressentiment que nous allons nous faire dévorer par les moustiques au milieu de ces marécages.

DSC_0604

On repère un abris pour pécheurs et remarquons que l’un d’entre eux est sur les eaux. Au bout de quelques minutes d’échange, un coup de fil, il nous dit qu’une de ses connaissances peut nous accueillir au village très proche. Nous acceptons et nous y rendons.

Nous sommes escortés par la famille et voisins en vélo (voir la vidéo youtube azerbaïdjan). On nous prépare le repas dans une maison, prenons le thé et couchons dans une autre, intégrés dans la famille comme si nous en faisions partie :

DSC_0609

Les femmes me montrent les talents de dessinatrice de la fille. Génial ! Je passe un super moment malgré que je suis épuisée. Je ne sais pas si c’est parce que je sais que je dois prendre mon avion du retour à Bakou très prochainement ou autre chose, mais je savoure chaque instant avec une intensité plus forte que ces derniers mois. Je me régale dans ces rencontres et ces échanges plus que jamais.

Ils se réveillent tôt par ici. A 6h, tout le monde est prêt pour le petit déjeuner.

IMG_9797

Tandis que les parents sont partis à leurs affaires, nous nous préparons pour reprendre la route mais avant … petite photo avec les enfants qui sont impressionnés et curieux de nos vélos. Yak tente de trouver la panne mais ne parvient pas à la réparer. Il nous faut une pièce. Il dit qu’il est capable de continuer sans moteur sur du plat et je décide de lui lui laisser le mien à Bakou pour qu’il puisse continuer l’aventure et de rentrer en France avec le sien, afin de le réparer pour la suite de mes aventures à vélo électrique. Si la route est difficile, nous ferons du camion-stop car n’oublions pas que le vélo de Yacob avoisine les 100 kg !

L’accueil, la bienveillance et la gentillesse des azerbaïdjanais n’a pas de limite, la preuve, cette petite affection de leur part avant que nous reprenions la route :

DSC_0610

Je roule à petits pas sans forcer et je profite des moments d’attente pour observer cette nature magnifique et prendre des photos :

IMG_9800

Yacob me rattrape et nous nous posons quelques minutes pour regarder les oiseaux.. C’est juste un moment intense une fois de plus. Je me sens privilégiée et reconnaissante d’être là, et de pouvoir vivre cet instant présent.

Tandis que  Yak prend des photos des oiseaux,( il y a plus de 200 espèces présentes dans cette réserve)  il se fait cerner par un héron ( cf vidéo youtube ) et voici son meilleur cliché d’autres oiseaux qui nous encerclent :

IMG_9840

Après ce moment comme irréel dans cet endroit sublime, nous nous remettons en route :

IMG_9856

Nous avons parcouru des 17 km sur les 22 qu’ils nous restaient la tête en l’air à capter chaque image et chaque mouvement qu’il y a dans cette nature magnifique.

On arrive au village, nous avons faim. On s’arrête donc au bord de la route et commençons à préparer notre repas quand un homme nous invite à traverser la route afin de manger chez lui. Nous acceptons.

Installés dans son jardin, il nous déballe une table et commence à nous servir le thé (et oui, ici on y loupe pas !) Sa femme n’est pas là pour préparer le repas, alors il charge sa fille de cette mission. Le temps passe et nos ventres crient famine mais hors de question que nous mangions notre propre nourriture, il nous l’interdit formellement ! Nous commençons à manger quand il s’absente et nous rejoint munis de son fusils. Cela nous impressionne et nous questionne un petit peu… en voyant notre réaction, il nous explique qu’il y a des serpents par ici, et vaut mieux être prêts à y faire face.

Alors que l’omelette arrive, nous entendons un cri : le papa appelle son fils à lui apporter au plus vite le fusil : un serpent s’est niché dans l’abris. Nous avons le temps de sortir la caméra pour filmer cette petite chasse. (cf la vidéo pour ceux qui ne l’auraient toujours pas vue ! )

Après plusieurs coups, la bête est introuvable mais le papa estime qu’elle a très peu de chance de survie et tout le monde se sent un peu plus rassuré. Sa femme revient et les présentations sont faites.

Ils insistent pour que nous restions dormir chez eux. Nous sommes fatigués alors nous ferons une petite sieste dans le lit des enfants. Je me réveille 2 heures plus tard, surprise de voir, assises sur le lit d’en face où se reposait Yacob la mère et la fille m’observer en train de dormir. A peine j’ai les yeux ouverts, qu’elles me proposent de boire le thé. J’accepte bien évidemment !

Et hop c’est reparti pour une invitation à manger .. La femme me propose de ne pas repartir maintenant et d’attendre qu’elle ai fait le pain de manière traditionnelle. Génial !!! Voici quelques photos :

Après avoir allumé le four au petit bois, préparé la pâte, celle ci est collée à même la paroi du four. La cuisson se fait pendant une trentaine de minute et le pain est retiré en prenant soin de ne pas se brûler. Miiiam nous dégustons ce pain au curcuma avec gourmandise. Pendant ce temps, le papa me montre ses photos de famille datant de l’URSS remplies de souvenirs de l’armée etc. J’aurai même l’occasion de tirer au fusil pour la première fois de ma vie …. je crois que je viens de perdre mon oreille ^^ le bruit de la détonation me surprend .. au tour de Yacob.

DSC_0614

Il faut qu’on avance et on sent qu’il va être difficile de quitter nos hôtes qui sont tellement gentils que nous déclinons une fois de plus l’invitation à dormir ici.

Avant de repartir Yacob entreprend de ranger sa remorque .. c’est le bazar !

IMG_9857

C’est avec un sac d’1 kg d’ails, du pain, une poêle… nous leur expliquons que nous n’avons pas beaucoup de place mais on a pu remarquer qu’en Azerbaïdjan, lorsqu’on refuse quelque chose, on s’empresse de nous rajouter un autre présent ou on nous donne double portion… On nous a dit que c’est parce qu’ils pensaient que les européens sont trop polis pour accepter … on le saura !

IMG_9859
Photo de famille

Nous arrivons à nous remettre en chemin. Yacob n’a pas de moteur mais c’est plat donc nous avançons sans trop de difficultés.Nous camperons 7 km plus loin, encerclés par les moustiques.

Au réveil, le propriétaire du champ nous dit bonjour et nous offre des fruits récoltés sur l’arbre (pas encore mûrs mais on saisit que c’est surtout pour nous faire un cadeau).

Réserve de Gobustan

Avant d’entrer dans le pays, j’avais regardé à l’avance quelques lieux que je voulais visiter. Parmi eux, la réserve de Gobustan qui se situe pas loin de Bakou, au sud. Nous avons plus de 70 km à parcourir et cela sans moteur pour Yacob. Il fait très chaud et c’est pas facile pour lui. Après 20 km nous tentons du stop.

 

DSC_0616

Ca ne marche pas trop .. on nous demande de l’argent en échange du trajet. Nous restons confiant et pensons que cela va marcher avec de la patience…  Nous avançons quelques km, Yacob n’en peux plus :

DSC_0622

Pendant ce temps là, les camions ne cessent de défiler

DSC_0619

C’est ce qu’on appelle un chargement optimal. Alors que Yacob perd patience et commence à s’énerver, une camionnette s’arrête et nous demande ce qu’il se passe. Nous expliquons à l’homme que nous voulons nous rendre à Gobustan et il accepte de nous y amener. Super.

En arrivant sur place, il nous dépose au pied du site et nous demande de l’argent. La police est là et pour faire la traduction il leur demande de l’aide. Malheureusement pour lui, les ayant pris à partie, nous expliquons au policer que cet homme ne nous a en aucun cas parlé d’argent et celui ci repart donc lésé car nous ne payerons pas.

Par contre la visite du site historique ne nous plait pas trop et de toutes façons, c’est fermé depuis 5 minutes. On verra demain pour visiter les environs. On se met à la recherche d’un endroit pour camper mais pas d’arbres ni d’endroits propices. On se met alors en quête d’une âme charitable pour nous accueillir. Au premier coucou, nous saisissons cette opportunité.
On nous propose le thé et de fils en aiguille nous voilà inviter à poser la tente dans la maison en construction de cette famille.

On est rincé après avoir mangé à plusieurs reprises, pris la douche. Ils vivent en famille : la grand mère, le fils et sa femme, ses enfants ( 2 garcons ) ainsi que les enfants et petits enfants … il y a du monde et ce n’est pas de tout repos !
Le premier soir nous nous coucherons assez tôt, fatigués de cette journée.

IMG_9901
Le grand père s’occupant du jardin

Nous sommes chanceux : un des fils est chauffeur de taxi et il propose de nous amener visiter le site de Gobustan avec ses enfants pour une somme raisonnable. Nous acceptons.
Allez tous en route pour l’aventure ! Le site de Gobustan est une merveille  : il y a des volcans de boue. Je voulais faire la surprise à Yacob mais en arrivant dans le coin, il a vite compris de quoi il s’agissait  ce n’est pas grave, j’en ai une autre en réserve

« On estime qu’environ 300 des 700 volcans de boue du monde se trouve au Gobustan et dans la mer Caspienne. Beaucoup de géologues, touristes étrangers ou locaux visitent des sites comme le cratère de Firouz, le Gobustan ou Salyan pour se badigeonner de boue aux vertus réputées thérapeutiques. En 2001 un volcan de boue à 15 km de Bakou fit la une dans le monde entier lorsque des flammes hautes de quinze mètres commencèrent à s’échapper de son cratère. » Wikipédia

IMG_9924IMG_9929

Tout le monde s’amuse ! Les enfants et Yacob s’étalle de la boue sur le corps : petit moment de bien être et de rigolade :

Petit rinçage sommaire dans de l’eau moins boueuse avant de remonter dans la voiture ..

Lorsque nous rentrons, tout le monde nous attend Nous partageons un repas ensemble et nous décidons de passer encore une nuit au sein de cette sympathique famille et de repartir le lendemain

IMG_9920

La seule petite fille de la famille a eu un accident, elle a perdu sa main gauche. La mère apprenant que je suis infirmière me demande des informations sur les greffes de main ect.. Nous leur expliquons ce qu’il en est et surtout ils réalisent que les solutions accessibles sont différentes de leurs espérances. Quoiqu’il en soit, nous nous promettons de les aider. Yacob connait un site où des prothèses sont faites gratuitement grâce à une imprimante 3 D. Il s’agit de e-nable. fr pour ceux que ça intrigue. Nous prenons les photos nécessaires et commençons les démarches. Bonne nouvelle ! A l’heure d’aujourd’hui, j’ai lancé le processus et j’espère que cela portera ses fruits et que cette petite fille aura sa prothèse et qu’elle lui plaira !!

Durant la soirée, nous faisons bande à part avec Yacob : lui il joue au foot avec les enfants, montrent les photos du voyage aux hommes, tandis que les femmes m’invitent à re manger une fois de plus avec elles dans la cuisine (elles mangent séparément des hommes) et on y échange sur nos vies respectives grâce à google traduction.  Après cet autre repas, elle m’invite à les accompagner et aider à faire le pain.
Ce n’est pas la même technique que celle que j’avais pu observer auparavant chez nos chasseurs de serpents. Là il s’agit de galettes.. et il en faut en quantité ! Demain c’est samedi, et ils mangent tous le mouton ensemble. Je me prête au jeu et confectionne soigneusement les boules de pâtes qui seront étalées puis enfournées dans le ce four traditionnel … mais à gaz. Ca fait un peu mal au crane, alors je sors m’aérer régulièrement.

IMG_9991

Je passe un super moment ! Cette famille est vraiment géniale.  Voilà le résultat :

DSC_0635

Nous irons nous coucher ravis de les avoir rencontrés et d’avoir passé cette journée avec eux. Le lendemain nous avons du mal à les quitter ( ils tentent de nous retenir par tous les moyens ) mais nous devons nous rendre à Bakou, la capitale. Yacob craint de prendre beaucoup de retard car il sait qu’il fera de plus en plus chaud au Kazakhstan. Nous reprendrons la route avec un sac remplis de victuailles de d’halva ( il s’agit en fait d’un gateau de semoule) fait maison.

DSC_0633
Diaporama des photos du voyage.

Bakou

Au matin, nous tentons de faire du stop à la station service la plus proche.. le temps passe et personne n’accepte de nous prendre sans contre partie financière de notre part. Ici ils ne pratiquent pas l’auto stop, mais nous ne perdons pas confiance. Au bout de quelques heures, les gars de la station service nous dégotent un camion dont le chauffeur (hyper sympa) accepte de nous amener à Bakou. Chargement des vélos et c’est parti ! On est pas trop rassuré car ça bouge un peu mais finalement ça l’a fait :

DSC_0636

Voilà, nous sommes arrivés à Bakou. Nous avions pris contact avec un Warmshower (vous savez ce réseau d’entraide de cyclistes dont on vous a beaucoup parlé). Après s’être trompé de route dans la ville, nous arrivons sur place et nous installons. Je dois lever mon chapeau à Yacob qui a quand même grimpé cette côte interminable en plein centre ville sans moteur avec 100kg de charge !

Voilà, c’était les derniers moments où j’ai pédalé. Je retourne en France car mon frère se marrie bientôt, je tiens à être présente.

Lac de Masazir

Je déballe ma dernière surprise à Yacob en l’inviant à me suivre. Nous prenons le taxi pour nous rendre au Lac de Masazir.

IMG_0032 - Copie

Et oui, c’est un lac rose ! Cette couleur résulte de la teneur en sel de l’eau mais aussi de la présence d’une algue la Dunaliella Salina.

Nous nous rendons à Yanar dag où il y des feux naturels mais lorsque nous arrivons sur place, le site est fermé.. dommage !

Il me reste 4 jours avant de prendre l’avion et nous sommes en pleins préparatifs pour alléger Yacob pendant son étape solitaire au Kazakhstan. J’ai ressenti une émotion de tristesse que je ne pourrai expliquer à l’idée de rentrer et de sortir de cette aventure, un mode vie acquis depuis  14 mois, 11 pays .. j’appréhende le retour même si je suis heureuse de revoir mes proches. Pendant ces quelques jours, j’ai emballé le vélo, la remorque et tenté de me préparer psychologiquement au retour en France.

Actuellement je suis en phrase de réadaptation, mais je pense que je n’ai pas encore réalisé… Nous en reparlerons peut être dans un futur article.

Merci à tous, et j’espère que cet article vous a plu ! En tout cas, vivre et partager avec vous cette aventure en Azerbaïdjan a été pour moi source de bonheur et de joie ! J’espère à très vite pour la suite dans un autre pays. Dans tout les cas, cette aventure m’aura profondément ému et changée au plus profond de moi.

3 commentaires sur « Azerbaïjan »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s